20 juin 2011
Petite couture
La reine mère s'est rappelée doucement qu'elle savait coudre...
Ces derniers temps, à force d'aller jeter un coup d'oeil à ce blog, elle s'est surprise à ressortir la machine à coudre, à faire des bricoles, à huiler les ressorts... Elle s'est rappelée les longues après midi d'été où, avec soeur chérie, elle apprenait à découper les patrons burda, à faire un ourlet, ou coudre une boutonnière avec la vieille machine manuelle Singer de maman chérie. En existe-t-il encore des comme ça ailleurs que dans notre maison familiale?
Puis, il y a eu cet amour de coupon de lin et soie mélangés couleur coquille d'oeuf trouvé dans une magasin du centre de Papeete. "Il n'en reste plus qu'un mètre, je te le fais moitié prix si tu veux" m'a dit la vendeuse en me voyant caresser le tissu...
Un dimanche de tranquilité plus tard, sur fond de musique douce, mes mains se souvenaient d'elles même de l'art de la coupe du biais, du sens des mots "parmenture" ou "entoiler"...
Je la mettrai demain..
13 février 2011
Oiseaux
La reine mère aime les oiseaux. Elle passe un temps infini à les regarder, sait le vol du buzard pendant sa chasse de l'après midi dans le ciel bleu, boit son café le matin à la terrasse en guettant les jeux des tangaras cramoisis qu'on ne voit que le matin, sait le bavardage des vinis, à peine plus gros que des papillons,qui ne se déplacent qu' en groupe..elle sait les cris stridents du merle querelleur, et le roucoulement nostalgique du coucou. Elle connait "les voix" de chaque espèce qui visite son bout de jardin, et a même dressé abris et nichoirs en espérant qu'un jour une oiselle vienne y habiter...
L'oiselle est venue,
Mais, c'est sur le ficus de la terrasse, juste au dessus de la banquette aux coussins bigarés qu'elle a choisi de faire son nid. Oui, oui, la banquette où les enfants se jettent au retour de l'école, là où les amis en visite s'installent pour un café, une conversation, des confidences et des éclats de rire... La banquette juste de l'autre côté du mur où est adossée la télé où s'égosille à longueur de journée Shakira ou Lady Gaga... La banquette où la reine mère paresse les Dimanches après midi entre lecture et tasses de thé..
L'oiselle couve tranquillement sa nichée au dessus de nos tête, et quand elle s'en va chercher ses repas, c'est avec d'infinis précautions que nous allons regarder les oisillons...
L'oiselle le sait-elle? La reine mère, fidèle à elle même, se plaît à penser que oui et que c'est par choix qu'elle nous fait l'amitié de partager avec nous ce moment de sa vie..
Ce matin, les deux parents oiseaux étaient là, de l'autre côté de la terrasse, perchés dans le papayer, ils m'ont regardée tranquillement photographier leur progénéture un peu plus emplumée. Ils n'avaient pas l'air inquiets.
27 janvier 2011
Le dernier mot
Il a dix, le cheveux en bataille et le regard malicieux et...il lit...Mais, il a ses goûts, il n'aime que les BD. Les asterix? les spirou? Bof... Ce qu'il aime c'est Picsou, il a affiché son arbre généalogique dans sa chambre et organise avec ses copains des quizs où il est champion:
- Comment Picsou a gagné son premier sou
-Comment s'appelle le cousin de Picsou....
Et... à l'opposé, il aime les mangas japonais, il en connaît plein, a ses préférés parmi les dessinateurs et les scénaristes...
Je connais la phrase anodine à la sortie d'école "On peut passer au petit prince?" ( Le petit prince est notre magasin de journaux préféré), Je connais sa respiration suspendue en attente de ma réponse, je connais la joie qui se répand comme une onde autour de lui quand je réponds "Oui" ...
Comment résister?...
Mais, toute mère d'amateur de mangas sait le budjet que c'est...
On est dans la voiture, je lui parle doucement :
Tu sais maintenant que tu grandis, tu devrais essayer de lire de vrais livres. tu sais, lire une BD, c'est comme faire le tour du pâté de maison alors qu'un vrai roman, ça t'emporte, t'emmène en voyage, tu visites des terres inconnues, tu traverses des océans, découvres des îles..
Calmement, il répond
-J'ai le mal de mer et je ne veux pas attrapper le scorbut
13 décembre 2010
23
V. est l'une des personnes de mon entourage que j'ai toujours vue comme la plus superficielle qui soit. Elle se promène dans la vie comme nimbée d'une lumière irréelle, la peau chocolat, le sourire large, les yeux brillants, légère dans de minuscules robes aux couleurs flashy, la marche cambrée chaloupée par d'adorables sandales bijoux aux talons interminables, elle semble comme flotter au dessus des événements de la vie. On se croise en ville et on se pose sur une terrasse pour boire un verre et bavarder, bavarder comme seules les nanas savent faire...Tandis que je l'écoute me raconter, sereine, souriante et philosophe, le chaos des derniers épisodes de sa vie, je me demande ou elle trouve la force de garder une telle gaieté...Elle se lève soudain se rappelant un rendez vous imminent et part oubliant un livre sur la table. Je prends le livre et essaie de la rappeler, une carte-marque page glisse et le texte me frappe en plein coeur :
23.1
Cantique de David.
L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.
23.2
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
23.3
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
23.4
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
23.5
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
23.6
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.
04 juin 2010
Ce que femme Veut!
Je renoue avec mon blog, longtemps en friche, grâce à mon repos forcé de cette semaine. J'aime les jolies histoires, les contes pour petits et grands. Celle-ci, je l'ai lue ce matin. D'un auteur inconnu, elle raconte ceci :
Le jeune roi Arthur tomba un jour dans une embuscade et fut fait prisonnier par le monarque d'un royaume voisin. Le monarque aurait pu le tuer mais fut ému de la jeunesse et de la joie de vivre d'Arthur. Il lui offrit la liberté contre la réponse à une question très difficile. Arthur aurait une année pour deviner la réponse et, s'il ne pouvait la donner au bout de ce délai, il serait tué.
La question était : Que veulent réellement les femmes ?
Une telle question laisserait perplexes les hommes les plus savants et, pour le jeune Arthur, cela semblait être une quête impossible. Comme c'était quand même mieux que la mort, il accepta la proposition du monarque de lui ramener la réponse au bout d'un an.
Il retourna dans son royaume pour interroger tout le monde : les princesses, les prostituées, les prêtres, les sages, le fou de la cour.
Il parla à chacun, mais personne ne put lui donner une réponse satisfaisante. Ce que la plupart des gens lui dirent fut d'aller consulter la vieille sorcière qui était la seule à pouvoir connaître la réponse. Le prix en serait élevé, car la sorcière était connue dans tout le royaume pour les prix exorbitants qu'elle demandait.
Le dernier jour de l'année arriva et Arthur n'avait pas d'autre choix que d'aller parler à la sorcière. Elle accepta de répondre à sa question mais il devait d'abord accepter son prix. La vieille sorcière voulait épouser Gauvain, le plus noble des Chevaliers de la Table Ronde et le plus cher ami d'Arthur.
Le jeune Arthur fut horrifié : la vieille sorcière était bossue et terriblement laide, n'avait qu'une dent, sentait comme l'eau des égouts, faisait souvent des bruits obscènes. Il n'avait jamais rencontré de créature aussi répugnante. Il refusait de forcer son ami à l'épouser et à endurer un tel fardeau.
Gauvain, en entendant la proposition, parla à Arthur. Il lui dit que ce n'était pas un si terrible sacrifice pour sauver la vie d'Arthur et préserver la Table Ronde.
Ainsi le mariage eut lieu et la sorcière répondit à la question.
Ce qu'une femme veut vraiment c'est de pouvoir décider de sa propre vie.
Chacun sut à l'instant que la sorcière venait de dire une grande vérité et que la vie d'Arthur serait épargnée. Et ce fut le cas. Le monarque voisin épargna la vie d'Arthur et lui garantit une totale liberté.
Quel mariage ! Arthur était tenaillé entre le soulagement et l'angoisse. Gauvain se montrait agréable comme toujours, charmant et courtois. La vieille sorcière montra ses plus mauvaises manières. Elle mangea avec les doigts, rota et péta et mis tout le monde mal à l'aise.
La nuit de noce approchait. Gauvain, se préparant psychologiquement pour la nuit de noces, entra dans la chambre mais quelle ne fut pas sa surprise : la plus belle femme qu'il ait jamais vue se tenait devant lui ! Gauvain était éberlué et demanda ce qui se passait. La beauté répondit que, comme il avait été gentil avec elle quand elle était la sorcière, elle serait la moitié du temps horrible et déformée et l'autre moitié une magnifique jeune fille. Quelle forme voulait-il qu'elle prenne le jour et la nuit. Quelle question cruelle.
Que feriez-vous ?
Ce que choisit Gauvain est écrit plus bas mais ne lisez pas avant d'avoir fait votre propre choix...
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Le noble Gauvain répondit à la sorcière qu'il la laisserait choisir elle-même... En entendant cela elle annonça qu'elle serait belle tout le temps parce qu'il l'avait respectée et l'avait laissé décidé elle-même de sa vie...
01 mars 2010
Tsunami?
On se souviendra de début 2010 comme une saison d'alertes successives. Olli à peine oublié, une alerte au tsunami, suite au tremblement de terre du Chili, a réveillé la population dans la nuit de Vendredi à Samedi. On a été priés de gagner les hauteurs car une vague de deux mètres pouvait submerger les cotes. Nous, nous y étions déjà, dans les hauteurs..., On devait juste rester chez nous jusqu'à la fin de l'alerte. Samedi matin, à dix heures, la sirène a retenti, tout danger était écarté. Reste un drôle de sentiment, en fait-on trop?
20 février 2010
Mes copines
Vous ai je-dit que j'ai des copines virtuelles, des inconnues proches, que je suis à la trace comme elle, dont je visite régulièrement le blog, toute étonnée de partager sa folie pour le crochet, ou elle dont j'aime la façon d'égrenner le quotidien en vers rimés, ou encore elle et son univers raffiné, son goût pour le beige, le lin, la dentelle et la broderie...
17 février 2010
Arcs en ciel et coeur chocolat
La vie reprend son petit cours habituel et on en apprécie d'autant plus les plaisirs simples. Le ciel, encore encombré, nous fait l'offrande de merveilleux arcs en ciels, presque quotidiens, comme des sourires de connivence, de soulagement :
Les petits sont en vacances pour une semaine et s'occupent comme bon leur semble, car la reine mère,elle, travaille. Princesse fait des essais de recettes piochées dans les magazines, avec des succès parfois surprenants, comme ce coeur de chocolat coulant, qu'elle m'a gentiment, cérémonieusement, servie dans mon antre :
La recette vient d'un vieux fénuarama, et... ( je suis gentille), la voici :
Il faut pour 8 personnes :
16 carrés de chocolat noir ou blanc
200g de chocolat noir en tablette
5 oeufs
120g de sucre en poudre
100 g de beurre+une noix pour le moule
30g de farine et un peu pour le moule
Séparer les 16 carrés de chocolat et les reserver. Préchauffer le four thermostat 7-210. Beurrer et fariner des ramequins ( en forme de coeur, si vous êtes des fous de vaisselle comme moi, et que vous remplissez les placards de choses pas vraiment nécessaires!)
Faire fondre les 200g de chocolat au bain marie avec le beurre, puis délayer jusqu'à obtention d'une pâte onctueuse. Dans un saladier, fouetter les oeufs et le sucre jusquà ce que le mélange double de volume. ajouter la farine en pluie sans cesser de fouetter, puis incorporer la pâte de chocolat en remuant.
Verser une partie de cette préparation dans les moules jusqu'au tiers de leur hauteur. Placer alors 2 carrés de chocolat dans chaque moule. Recouvrir avec la reste de pâte, sans dépasser les trois quarts de la hauteur des moules.
Enfourner à mi hauteur et laisser cuire 10 minutes
Démouler avec précaution et servir tièdes.
Un régal pour qui aime le chocolat!!! vous me direz, hein?
04 février 2010
Olli s'éloigne
Olli s'éloigne des ïles du vent. On en est quitte avec deux nuits sans sommeil, quelques arbres déracinés et quelques dégâts matériels. Reste le confinement encore une journée : ma couverture au crochet va pouvoir avancer!
Impossible de poster des images, je ne sais si c'est à cause de mon ordinateur ou du temps perturbé!
03 février 2010
Olli
Nous étions encore en train de sortir le mobilier extérieur sur les terrasses et dans les jardins, en nous gaussant doucement des prévisions de ces messieurs de la météo, quand la nouvelle est tombée : "Alerte orange, une nouvelle dépression s'est formée au large de l'océan et se dirige sur la Polynésie! Cette fois, elle s'appelle "OLLI", un gentil nom qui rappelle quelque personnage de dessin animé ou un jouet 1°âge. Alerte orange, cela veut dire qu'on doit réduire les déplacements, s'approvisionner et rester informé par radio car on risque de passer en alerte rouge, auquel cas, c'est le confinement chez soi avec eau et nourriture, en attendant que cela passe! Aux îles sous le vent, c'est déjà l'alerte rouge, Borabora est en dans la tourmente, toutes mes pensées pour "les honey mooners" américains et japonais de nos îles, ils emporteront de beaux souvenirs de leur lune de miel, mais pas celles qu'ils ont prévues! Je me découvre extrêmement calme, presque amusées par la tournure des événements. La nuit a été chaude et venteuse, un vent qui va imperceptiblement crescendo...Je découvre et apprécie comme un voyage cette dépression qu'on n'ose encore appeller cyclone. J'écoute le vent dehors, ses tonalités et octaves, en imaginant le tourbillon qui sévit bien loin encore, nous sommes à un milier de Km de l'oeil et le vent est déjà impressionnant! Dans le jardin, quelques bananiers sont à terre. Quelque chose en moi est comme décalé, en spectateur, et s'étonne des phrases entendues :
-"Tu as attaché ta maison? " au début, j'ai cru à une plaisanterie avant de voir le voisin avec cables et perceuse sur son toit
A La radio , une auditrice de bora "-Ma maison s'est envolée, elle se promène sur le lagon"...avant que le son ne soit coupée...
Je m'étonne de mes préoccupations : quelle couleur pour mon vernis à ongles avant d'aller au boulot? Après tout, c'est juste alerte orange!












